Les projets d'architecture et d'intérieur de l'agence Affine Design - Paris

Hôtel Shangri-La

Un projet patrimonial d’envergure

Architecture
2010

Paris, France
Réalisation architecturale Affine Design : Hôtel Shangri-La

Redécouvrir l’âme d’un palais.

La transformation du Shangri-La Paris constitue un chantier emblématique de réhabilitation patrimoniale complexe. Le projet a consisté à métamorphoser un ancien hôtel particulier, auparavant converti en bureaux, pour renaître en palace cinq étoiles. Un changement de destination qui a nécessité une restructuration lourde et ambitieuse.

Une toute nouvelle vie.

Le bâtiment a ainsi connu trois vies distinctes : d’abord résidence historique du prince Roland Bonaparte, petit-neveu de Napoléon Ier, construite en 1896 dans un style éclectique par l’architecte Ernest Janty, il fut transformé en bureaux pour une banque, puis pour l’Office national du commerce extérieur, avant de devenir un hôtel de luxe du groupe Shangri-La inauguré en décembre 2010.

Le bâtiment accusait un dénivelé de quatre niveaux entre l’entrée principale place d’Iéna et la rue Fresnel, ce qui a rendu la réorganisation des circulations plus complexe.

 

Nature du projet

Transformation de l’hôtel particulier de Roland Bonaparte en un palace parisien.

Chiffres clés

Un hôtel de 110 clés dont 37 suites, d’une superficie totale de 17 000 m² avec un bar, une salle de banquet et des salons de réception, trois restaurants dont deux étoilés, et un spa avec piscine intérieure.

Domaines d’intervention

Affine design a accompagné ce projet d’architecture de son étude de faisabilité jusqu’à sa mise en œuvre, y compris la mise en valeur des zones patrimoniales.

Affine Design projet : Hôtel Shangri-La
Affine Design -
  • L’enjeu était donc de taille : adapter une structure résidentielle puis administrative à un programme hôtelier de très haut standing, tout en respectant des zones patrimoniales classées, dont la restauration a fait l’objet de négociations approfondies avec les autorités de protection du patrimoine.

    L’intervention sur ce bâtiment a été menée avec la rigueur propre aux projets de restauration patrimoniale. De nombreux décors avaient disparu sous des aménagements de fortune : des plafonds dorés moulurés recouverts par des dalles acoustiques, ou encore des volumes remarquables déformés par l’usage tertiaire, comme un grand salon bleu invisible transformé en boîte rectangulaire pour accueillir des salles de réunion. Ce salon, initialement en acajou puis peint en bleu, a été redécouvert et remis en valeur.

    Tout l’enjeu a été de restituer à ces espaces leur grandeur initiale, redonner une cohérence d’ensemble à la circulation de la lumière, tout en intégrant les contraintes techniques modernes.

    L’espace emblématique de l’hôtel reste sans doute la grande verrière du restaurant La Bauhinia. À l’origine simple cour intérieure, elle avait été recouverte d’une toiture de zinc dans les années 1960 pour créer un auditorium accompagné d’un faux plafond Art déco. Sa redécouverte lors de la démolition a conduit à la décision de préserver et réinterpréter sa structure métallique de type Eiffel, révélée lors des travaux. La verrière, bien que n’étant pas d’origine, datait de 1928-1929. Sa réhabilitation constitue un geste architectural fort, mêlant héritage et esprit contemporain.

    Les sous-sols ont été entièrement repensés et étendus jusqu’à quatre niveaux, pour intégrer toutes les infrastructures techniques sans dénaturer les volumes historiques en surface. Ce type d’intervention, véritable « cathédrale souterraine », constitue un exploit en milieu urbain dense et illustre la singularité des grands projets parisiens.

    À la recherche de la sérénité

    Le projet s’est inscrit dans l’atmosphère sereine et intimiste de l’enseigne Shangri-La. Contrairement à ses resorts de grande capacité, l’hôtel parisien a été pensé comme un établissement familial presque confidentiel, à l’échelle d’un hôtel particulier. Les espaces publics y conservent cette discrétion, sans lobby monumental, mais avec des enfilades de pièces raffinées, des escaliers majestueux et des corridors restaurés avec précision.

Affine Design - Projet d'architecture Affine Design - Architecture Palace Hôtel d'exception – Hôtel Shangri-La Affine Design - Affine Design -
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  • La restauration a également révélé la richesse historique du lieu : propriété de Roland Bonaparte, père de Marie Bonaparte, figure intellectuelle majeure du début du XXe siècle et fondatrice de l’école de psychanalyse française, le bâtiment incarne un pan peu connu de l’histoire impériale. Roland Bonaparte, lui-même passionné de photographie et président de la Société de Géographie, avait documenté les lieux, ce qui a permis d’identifier les zones patrimoniales avec une certaine précision.

    Une partie du projet a consisté à retrouver, étudier et interpréter les éléments d’époque tels que les plafonds peints, les parquets, les boiseries. Certains plafonds retrouvés ont servi de base à des suites prestigieuses, comme la suite présidentielle, conçue autour d’un plafond d’origine miraculeusement préservé.

    Enfin, le projet a intégré un restaurant chinois étoilé, un spa baigné de lumière naturelle et l’une des premières grandes piscines d’hôtel à Paris. L’ensemble du bâtiment, de la cave jusqu’au toit, a été repensé pour accueillir une nouvelle vie, tout en conservant l’âme d’un lieu unique dans le paysage parisien.

    Ainsi, le Shangri-La Paris n’est pas seulement un hôtel : c’est un dialogue subtil entre héritage, innovation et exigences contemporaines, un exemple de ce que peut être la restauration architecturale patrimoniale avec tout le respect et la créativité qu’elle exige.

Affine Design projet : Hôtel Shangri-La